(1) : J'appelle "tollerrance" un mot composé de tolérance et errance. L'"errance", en relation à la mise à distance et au processus cognitif, renvoie tout d'abord pour moi, dans l'ontogénèse de ma propre pensée sur "l'être" de la distance, à celle des juifs dans le désert du Sinaï.
Il faut 40 ans d'errance pour que le monothéïsme s'installe en profondeur. Pour qu'il devienne loi dans l'immensité du désert, en projet de terre promise.
Mais cette errance ne peut pas, pour que l'individu s'advienne à lui-même, ne pas être couplée à l'accueil de l'altérité. A quelque chose qui se donne voilée, qui nous incite à l'errance positive.
La "tollerrance" est donc pour moi un préalable à un savoir toujours en "pro-jet", tout le contraire d'un savoir emboîté une fois pour toutes dans un cheminement pédagogique normatif.