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Sois-toi, comme tout le monde !

Si je ne pense pas à moi, qui pensera à moi ? Mais si je ne pense qu’à moi, suis-je encore moi ? Talmud de Babylone, 5e siècle

Nous vivons une époque formidable, où nous sommes finalement moi !
Enfin, moi c'est moi et vous c'est vous. Chacun son moi.
Une dernière preuve : les sonneries résonnantes pendant nos travaux collectifs étaient toutes différentes. ;)

Ah, quel bonheur de se différencier, de se customiser, répondant ainsi au diktat consumériste d'être "moi-pas-comme-les autres."
Mais comment un "moi-pas-comme-les autres", de plus en plus guidé par une vision radicale de l'altérité jusqu'à lui signifier sa disparition, peut continuer à vivre avec cet autre ?
Devant cette question, les entreprises, la société toute entière, et donc également les acteurs de la FOAD sont à un carrefour de chemins.

Où aller, et comment ? Avouons-le, nous sommes tous un peu perdus.
On peut certes répéter à ennui les formules incantatoires de notre profession, comme un rituel de protection, mais qu'avons nous devant les yeux, dans les oreilles, dans notre tête ?
On nous dit, « société cognitive » et apparaît « cerveau des barbares ».
On nous dis « économie de la connaissance » et nous pensons « déserrance culturelle ».
On nous dit «Soyez libre » et notre société est recroquevillée sur elle-même, en proie à une "panique morale".

Et si, dans ce contexte, l'urgence de la FOAD, était de comprendre que ce « carrefour des chemins » avant d'être pédagogique ou technologique, est éthique ?
Et si la FOAD devait d'abord questionner le sujet-roi « s'apprenant", dans sa relation à l'autre ?
Quel est l'espace de rencontre avec les experts, les ex-pairs et les pairs, compatible à la fois avec le processus positif d'individuation et le processus fondamental de reconnaissance de la « part d'autre » dans mon autocréation ?
Et si la FOAD pourrait contribuer à penser et à instrumenter non pas une société de la connaissance, mais une société de la co-naissance ?