Je ne peux qu'aller dans le sens de cette pensée, qui fait écho à l'analyse sur l'évolution des compétences et les changement organisationnels de François Beaujolin, qui fut de 1988 à 1991 le directeur de la mission "Nouvelles Qualifications", initiée par Bertrand Schwartz.
Certainement que, dans cette perspective, des systèmes d'e.learning "intelligent" comme les EPPS (voir mon édito de novembre 2001 sur le site d'Algora) sont promis à un bel avenir.
Il est aussi probable que le web sémantique et la constitution de base de données collaboratives de savoirs professionnels permettront de faire évoluer la formation vers l'in-formation, plus facile à intégrer dans un processus de production.

Mais ceci serait limiter à la formation en ligne cette vocation à devenir de la formation "tout au long du travail".
En réalité cette exigence est propre aux entreprises apprenantes, c'est à dire (c'est mon avis), les seules pouvant rester compétitives dans une économie mondialisée, voire les seules à pouvoir inventer une modalité de travail compatible à la fois avec les performances d'équipe et les aspirations individuelles.

Il faut donc voir dans la "formation tout au long du travail" non pas une "possibilité du e.learning" mais une obligation économique et sociale.
Cette évolution, préconisée par le Conseil européen extraordinaire de Lisbonne (mars 2000) est à peu près restée lettre morte ! Et pour cause !
Ce n'est pas en saupoudrant ici et là du e.learning plus ou moins granularisé et "intelligent" que nous pourrons intégrer la formation DANS le travail.
Il faut pour ceci une réorganisation de l'ensemble des processus de productions, une topographie très fine des compétences, une mobilité de celles-ci et des hommes également, selon de valorisation autres que de carrière (verticales), et enfin un reengineering de l'acte d'apprendre.

Un défi dépassant largement les réponses théoriques et les programmes de formation ouverte et à distance mis en place jusqu'à présent par les entreprises et les institutions Européennes. Néanmoins, des exemples de cette formation "en flux tendu" existent et je vous propose de télécharger sur le site d'Algora mon enquête sur le site de tri de Triselec (Lille).

Lisez également l'intégralité de l'interview de Monique Benaily. C'est par ici.