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Fini le e.learning, vive le web 2.0 !

En gros, on nous annonce en formation professionnelle les mêmes effets que l'introduction des pratiques de l'éducation nouvelle, Montessori et Piaget en tête, a eu dans l'éducation formelle de nos bambins !

Fini les cours, le "je ne veux voir qu'une seule tête", fini les processus non interactif, vive l'autoformation assistée, vive la coproduction des processus et des savoirs, vive l'apprenance !

Quoi ? Comment ça, on farci encore la tête à vos mômes et pire, on les habitue dès le cp à l'ultraperformance narcissique "pour être les meilleurs" ? Ah bon ?

Alors c'est que les pédagogies, comme les technologies, sont comme des petits-enfants dans les orphelinats de Roumanie (et d'ailleurs). Si on ne les adopte pas, ils meurent !

Il est donc possible que nous ne verrions pas cette transformation des pratiques en formation. Que le e.learning centré sur du contenu figé (plus ou moins industrialisé et multimédiatisé) ait encore de longs jours devant lui.

D'ailleurs, les intérêts financiers derrière ce type de mise en ligne de la formation sont énormes.
De plus, La sclérose des pratiques pédagogiques, la vente et la "pre-vente" via la commande publique de la formation, en France, se justifient et s'appuient sur une base déjà captive, par le biais d'une taxe spécifique (dont les entreprises veulent plus ou moins récupérer le financement) et de "clients" individuels qui jouissent de toute une série d'avantages financiers en devenant "stagiaires de la formation professionnelle rémunérée".

Alors on peut toujours rêver d'un formé qui soit également client averti, exigeant car directement cofinanceur de sa formation, et qui demande à que l'on parte de ses besoins et de ses pratiques apprenantes.

L'histoire et le contexte très particulier de la formation professionnelle à la française nous inviteraient à replonger dans la douceur léthargique de notre système d'accès à la formation d'adultes.

Au même temps, les usages et les adoptions extrêment rapides de ces nouveaux outils par le "peuple de France" (la diffusion du blog dans notre pays est notamment une exception à la française) nous obligent à nous interroger.
Les rapports recents, qui font état d'une inadequation forte entre notre système de formation professionnelle et besoins d'évolution et de souplesse des entreprises, nous obligent à reviser notre copie quant aux modalités de formation et notamment de formation en ligne, que l'on a surtout pensée "économie d'échelle", sur un modèle de grande entreprise, et pas du tout comme pédagogie éfficace au plus près des besoins de ceux qui se forment le moins et des entreprises qui ont le plus besoin de réactivité.

Pour des raisons à la fois politiques, structurelles et liées à la mission spécifique de l'Education Nationale, le "mammouth" peut encore se permettre de ne pas bouger, ou si peu.
La façon même dont l'Institution s'est prise, à travers les premières Université numériques, montre l'absence de toute pensée pédagogique qui écouterait les "clients finaux", plus que les financeurs politiques et institutionnels (depuis, l'autocritique de certaines universités et quelques modifications organisationnelles ont amélioré un peu la situation).

La formation professionnelle ne peut pas (plus) se permettre le luxe d'une non-écoute ! Car sa mission est autre.

Plus spécialement, face aux accelerations imposées par une économie mondialisée, elle doit être capable d'accompagner les transformations de l'entreprise, de ses besoins jusqu'à sa "nature", à travers des réponses de formation pensées socialement.
Ce qui implique, du côté de la modernisation et de l'utilisation des réseaux, une lecture fine des usages "communs" de prise d'information, de création et co-création du savoir.

Il nous faut être ettentifs à la façon dont tout un pays adopte une technologie, pour que nous soyons capables d'y insouffler une finalité spécifique.

Et que font le Français ? Le jeunes et les cadres en premier certes, les citoyens des grandes villes, mais les autres s'y mettent aussi.
Ils surfent de plus en plus rapidement avec l'ADSL, récupèrent de l'info, créent des blogs, consultent Wikipédia, utilisent à plus de 20% (et ça augmente chaque mois) Firefox et ses possibilités d'agrégation de fil rss… bref, ils découvrent et utilisent les outils et les spécificités du web 2.0.

A suivre...de très près.

Adrien Ferro pour Novantura, septembre 2006

Approfondir :

Le séminaire du 23 mars 2006 organisé par le CTN de Caen : Le nouveau web : techniques et usages - Blogs, Wikis, RSS... : effet de mode ou réalité professionnelle?
Une problèmatisation sur le web 2.0, très documentée, sur le blog d'Eric Delcroix.