C'est que ça et là l'échec du e.learning et de son discours ronflant, et même du blended learning en version schizophrène (comme jadis et encore aujourd'hui beaucoup de pratiques de l'alternance), malgré le lobbying tout en rondeur (aujourd'hui) des éditeurs de plate-formes de téléformation et des éditeurs de contenus ("oui, ça ne fait pas tout, oui le présentiel est important" et autres banalités commerciales), est de plus en plus difficile à cacher.

A l'université comme dans les organismes de formation et dans les entreprises, on s'interroge, même si l'action est n'est pas souvent au rdv).

Vive donc la réintégration de la socialité dans l'apprendre à distance. Oui mais, pourquoi faire et par quels outils ?

Dans cette réflexion, la région Nord-Pas de Calais serait-elle en avance ? La dynamique de la région lilloise, son réseau d'entreprises, y serait pour quelques chose ?

Une chose est sûre.
Pendant que certaines régions "profitent" du transfert de compétences de l'Etat pour remettre en cause les politiques de modernisation "version FOAD et distance" de la formation, quitte à bloquer les dynamiques que les équipes des Carif développaient, souvent timidement et avec difficulté, d'autres régions prônent la convergence distance-formation-professionnalisation.
Pour certains "responsables FOAD" des Carif, les temps sont durs et l'incertitude totale, d'autres sont au contraire "dé-bor-dés" !

Ce que je pointais du doigt dans un éditorial récent comme risque, semble donc avéré.
En absence de régulation et de "lissage" d'Etat, tout dépend du degrés d'intelligence, de sensibilité, de compréhension des enjeux portés par l'Internet et ses pratiques sociales, des élus de la région
, le président du conseil régional en tête, au delà des discours de politique politicienne, où la langue de coton est de mise et l'évidence non opposable au débat un art parfaitement maîtrisé.
Il faut donc s'attendre à de belles différences de traitement des dynamiques de formation, des disparités conséquentes de traitement du volet professionnalisation, surtout dans un moment où les responsables de formation des entreprises achètent de moins en moins de formation "stage" pour penser à d'autres formes d'action, plus efficaces que le groupe-classe.

Certes, la puissance publique ne peut pas tout. La prise de conscience d'une autre manière d'apprendre et de former, à la fois à notre portée, plus active et plus efficace, doit faire son chemin prioritairement chez les financeurs et acheteurs de formation, entreprises en tête, pour faire avancer les organismes collecteurs et les organismes de formation sur le terrain de la professionnalisation, le développement et le transfert des compétences. Pour peu qu'il soit averti, le client régule le marché. Dans le cas inverse, le marché formate le client dans ses désirs et ses options d'achat.

En région Nord-Pas de Calais, les choses semblent avancer dans le sens d'une ouverture au web 2.0.

L'université Lille 3 pour ses étudiants, mais aussi l'université Lille 1, cette fois-ci en direction des entreprises à travers son institut de formation professionnelle, le CUEEP, s'intéressent de très près aux supports de mémoire coopérative que sont les blog, les CMS collaboratifs, les wikis...
L'avancée prise par cet institut dans la réponse aux demandes de formations transversales, à l'apprendre à apprendre, est indéniable.
Elle leur permet aujourd'hui d'envisager, à la demande de plusieurs PME, souhaitant une meilleure formalisation de la compétence de la part des équipes, et une remontée des "bonnes pratiques" une "surcouche" web 2.0 à leurs logiciels.

Quant au congrès "Net 2006- Lille Métropole", ce 7 décembre, il aura comme thème : WEB 2.0 : Mutation, Évolution, Révolution ?
Le Nord garde son cap.
Et chez vous ? "Je vous remets un autre coup de stage, ma brave dame, ou vous préférez un pot de e.learning, pour vos économies d'échelle ?"

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Adrien Ferro Consultant en Formation, Professionnalisation et Réseaux Président de l'association Novantura

Le programme (et les raisons) de mon action à l'Université de Lille 3 ici.