Accompagné d'un orchestre et animé par Rocky (Gig Young), suave maître de cérémonie dont le charme suranné cache une redoutable cruauté, nos danseurs en herbe doivent s'exercer inlassablement et sans relâche pendant des heures et des heures, qui se transforment ensuite en des jours et des jours, entrecoupé aussi du « derby », une course de vitesse se tenant après quelques jours d'activités et servant à expurger quelques participants.
Comme seul répit, ceux-ci ne peuvent se rabattre que sur une pause de dix minutes sur deux heures, et les malheureux sont tenus de se nourrir tout en continuant leur danse continuelle qui se transforment rapidement en une pathétique pantomime désincarnée au grand plaisir des spectateurs qui sont présents."
(source : www.uneporte.net)

Mondialisation ou pas, à travers la course effrénée à la performance pour autrui (et parfois pour et contre nous-mêmes, dans cette logique attrape-nigauds qu'est l'actionnariat populaire) nous sommes arrivés à un tel point de prédation de l'individu (et de son environnement), qu'il n'est plus possible, Chine ou pas Chine, de continuer ainsi.

La responsabilité sociale des entreprises et le développement durable sont appelés au chevet d'un monde et d'un Homme qui va mal.
Les psychiatres et les psychanalystes descendent aussi dans l'arène, pour nous parler de souffrance et de droit au bonheur du travailleur.

Ainsi, à l'article paru dans Le Monde du 21 juillet 2007, Souffrir au travail de Christophe Dejours, psychiatre et titulaire de la chaire de psychanalyse santé-travail au CNAM, fait écho l'atelier du mercredi 29 aout 2007, à l'université d'été du Medef , intitulé "L’entreprise est-elle fair-play ?" avec (entre autres) Marie-France Hirigoyen, psychiatre-psychothérapeute et auteur du très célèbre "Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien".

En tant que bloggeur attitré, j'assisterai aux trois jours de l'université d'été du Médef et notamment à cet atelier.

Je regrette néanmoins que cette année le thème de la formation et de la professionnalisation en entreprise ne soit pas abordé comme tel à ces journées. L'enquête sénatoriale qui vient de s'achever sonne un peu plus fort le tocsin de la formation professionnelle en France, déjà sonné par l'enquête de juillet 2006 "La formation professionnelle des adultes, un système à la dérive".

Qu'attend l'entreprise, lieu social par excellence (parce qu'espace de rencontre Et de production, donc doublement significative pour l'Être) pour jouer son rôle social et demander haut et fort un dispositif de professionnalisation qui soit capable de produire de la performance individuelle certes, mais aussi la capacité à vivre et faire ensemble ?
Ne se rend-elle pas compte que sans une position claire, un refus civique de continuer à alimenter un système de formation obsolète, incomprehensible dans sa structure, parasité institutionnellement et aux effets pervers par ses modalités de financement et de contrôle, elle est pleinement complice d'une situation qu'elle dénonce par ailleurs ?

Ce ne sont ni les formations professionnelles classiques, ni la manière détournée offerte aux salariés d'acquérir une certification relative à ces formations classiques (manière qui au contraire, au nom d'une valorisation de l'expérience unique de l'individu, renforce le pouvoir d'institutions en décalage flagrant avec les pratiques de l'entreprise et ses réels besoins), qui vont nous aider à résoudre le malaise des individus en entreprise, la désaffection au travail (heures sup défiscalisées ou pas).

Penser une formation socialement professionnalisante, capable d'augmenter le niveau de solidarité entre individus engagés dans un processus de production.Penser une professionnalisation tout au long, non pas de la vie, mais du travail, se confondant avec le travail, valorisée en tant que travail. Voilà un défi pour l'entreprise de demain : penser l'entreprise politiquement, dans le réseau mondial, la penser fonctionnellement comme une entreprise élargie à ses paertenaires et clients en réseau de proximité, la penser socialement comme une entreprise avec des membres sachant travailler ensemble et appréciant de le faire, sans chercher continuellement à faire sortir le "maillon faible", avec des modalités plus ou moins perverses.

L'entreprise et ses hommes doivent renouer avec la confiance, doivent mutuellement se faire confiance, et ceci est possible en offrant à l'entreprise une organisation où l'ensemble de l'équipe, direction, encadrement et collaborateurs, "joue le jeu"
Un vrai renouvellement du dispositif de formation en entreprise, intégrant des pratiques collaboratives (des pratiques où l'on joue "gagnant-gagnant", où donner n'est pas perdre de sa richesse), s'appuyant sur les technologies d'un SIE (système d'information des entreprises) ouvert à l'écriture individuelle et collective des salarié, et à la valorisation de cette écriture, peut grandement faciliter la tache.