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ENTREPRISE 2.0 : UNE TRANSITION ENTRE STABILITÉ ET CHAOS ?


Note des rédacteurs : A monde complexe, définition complexe. L'évolution des technologies induit des changements perpétuels dans l’entreprise. Difficile dès lors de cerner les contours d'une réalité en devenir, de dresser un état des modèles de l'entreprise 2.0 -voire celui de l'entreprise du début du XXIe siècle.Nous vous proposons donc une navigation à travers différents niveaux de lecture, entre concepts, illustrations concrètes et points de vigilance. (14 octobre 2008)

[ Deux préalables avant de démarrer ]

A) L'écoute de cette vidéo de 7 minutes L' entreprise de demain par richard colin
B) Choisir votre niveaux de lecture....


L'entreprise 2.0 est celle qui fonde son organisation du travail sur les outils qui ont fait le succès du web 2.0.

Elle base son activité sur le travail collaboratif articulant des outils tels que les wiki, les blogs, les fils RSS -ces outils ne demandant pas de développement ni de maintenance complexe.Les savoirs sont produits par l’ensemble des salariés. Ils sont accessibles à tous en permanence et modifiables par chacun.Toutefois, loin de se résumer à lancer un blog ou un wiki interne, cette notion recouvre en fait des pratiques bien plus riches et révèle des enjeux fondamentaux. Elle engendre de profondes mutations dans le management des entreprises. Organisation du travail, gestion des compétences et formation professionnelle sont questionnées. Reste à en mesurer les bénéfices et les risques.



 1. Des définitions ?
 2. Le contexte
         2.1 Des évolutions permanentes
         2.2 Une migration de l'organisation hiérarchique vers le travail en réseau
         2.3 De la certitude née d'une vision claire à l'incertitude de la détection des signaux faibles
 3. Décodage d'un concept émergeant
         3.1 Nuage de mots autour du concept de l'entreprise 2.0
         3.2 Alors, c'est quoi l'entreprise 2.0 ?
         3.3 L' entreprise 2.0 en pratique
         3.4 Un état des pratiques les plus récentes
 4. Ressources humaines 2.0
         4.1 Vers une fusion du travailler-apprendre
         4.2 Apprendre, une affaire plus personnelle
         4.1 Redéfinir le rôle formateur du manager
         4.1 Auto-Apprenant TIC, oui mais
  5. Age d'or de l'Internet avec son lot de promesses et périls
         5.1 Les promesses
         5.2 Les périls
  6. Une conclusion provisoire
  7. Pour en savoir plus
  8. Liens Wiki de Novantura


1. DES DÉFINITIONS ?

Pour Andrew McAfee de la Harvard Business School :
“L’entreprise 2.0 correspond à une utilisation de plateformes sociales émergentes au sein de sociétés ou entre des sociétés, leurs partenaires et leurs clients".
(In : MIT Sloan Management Review du printemps 2006.1).

Selon Wikipédia
Ce terme désigne les "technologies et pratiques commerciales qui libèrent la force de travail des contraintes des outils de communication et de productivité comme l'email. Il permet aux cadres d'accéder à la bonne information au bon moment à travers un réseau d'applications interconnectées, services et dispositifs. "

L’entreprise 2.0 est fondée sur le développement de l'intelligence collective et se caractérise par ses capacités d'innovation, de productivité et d’agilité.

Pour aller plus loin
- Un article de Andrew McAfee? :
The Trends Underlying Enterprise 2.0 : The Impact of Information Technology (IT) on Businesses and their Leaders/. Cette réflexion fait suite à sa définition. Il y pointe trois caractéristiques des entreprises 2.0 : des plateformes simples de libre expression, des structures émergentes plutôt qu’imposées et l'organiation de l’ordre à partir du chaos.
- Deux blogs :
Celui de Fred Cavazza http://www.fredcavazza.net/2007/07/24/quest-ce-que-lentreprise-20/
Et celui de Bruno Duperrin http://www.duperrin.com/2007/07/10/ma-definition-de-lentreprise-20/

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2. LE CONTEXTE

2.1 Des évolutions permanentes


Les grands traits du monde qui s'ouvre à nous...
- Une économie mondialisée où le nombre d'interactions et l'interdépendance des échanges sont générateurs de complexité, de diversité et de multi-culturalité.
- Un monde occidental où les activités de services (90% des emplois) sont caractérisées par l'interaction bien souvent informelle entre les personnes et les organisations, la disparité géographique des lieux d'intervention, la capacité à sortir du prescrit, à agir in situ pour résoudre vite et bien des situations diverses et variées.
- Des changements et des ruptures technologiques, générationnelles, sociologiques, économiques qui n'ont jamais été aussi rapides et fréquentes. Pour la première fois de l'histoire du monde, le rythme des changements technologiques a dépassé celui des générations.

2.2 Une migration de l'organisation hiérarchique vers le travail en réseau


L'agilité des organisations sera donc de mise pour "survivre" dans un monde où la seule certitude devient le changement.
Deux processus devront désormais cohabiter :
- Un cycle de stabilité organisé hiérarchiquement, normé, structuré, prévisible, hyper-compétitif, reproductible à plus en plus court terme, voire inexistant à terme ?
- Un processus d'anticipation organisé en réseau fait de veille, de Recherche et Développement, d'Innovation, de travail en communauté, hypercompétitif devenant le mode stabilisé à terme ?

2.3 De la certitude née d'une vision claire à une incertitude de la détection des signaux faibles


Cet univers mouvant où rien ne change mais tout bouge en permanence s'apparente à une navigation à pleine vitesse dans le brouillard symboliquement représenté par l'incertitude des prochaines années, semaines, voire quelquefois jours, heures.
La détection des signaux faibles donne des indications précieuses sur les contours des réalités de demain. Elle devient donc permanente et demande impérativement la participation de tous (collaborateurs, clients, fournisseurs, chercheurs..) afin de s'assurer que l'ensemble des informations utiles et nécessaires à la veille sont suffisantes.

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3. DÉCODAGE D'UN CONCEPT ÉMERGEANT

3.1- Nuage de mots autour du concept de l'entreprise 2.0


Ce nuage de mots a été constitué à partir d'une synthèse de l'ouvrage "Wikinomics" de Don Tapscott et Antony D. Williams, Pearson Education, 2007.

- Etre ouvert
Les entreprises d'hier avaient une attitude fermée envers le réseautage, le partage et l'auto-organisation, la pensée dominante enjoignant de cacher jalousement son jeu pour rester compétitif. Aujourd'hui, l'entreprise perméable aux idées et au capital humain venu de l'extérieur dépasse celle qui se cantonne à ses ressources et capacités propres.

- Collaborer
Il est certes peu vraisemblable que la hiérarchie disparaisse dans un avenir proche. Toutefois, on note l'émergence d'une nouvelle forme d'organisation horizontale qui rivalise avec l'entreprise hiérarchique dans sa capacité à créer des biens de service à forte composante d'information et, dans certains cas, des produits matériels. Par exemple, bien que développé autour d'infrastructures et de ressources partagées issues du monde de l'open source et donc du gratuit, le système d’exploitation Linux a été intégré à tout une série de produits et services rentables développés par de grands groupes comme BMW, IBM, Sony, Motorola, Philips ...

- Partager
Pour TIM Bray, Directeur des technologies chez Sun microsystems : "De la même façon que la marée montante soulève tous les bateaux, je crois fermement que le partage radical est une solution Gagnant-Gagnant pour tout le monde". Que l'on soit manager ou salarié, producteur ou consommateur, chacun tire profit du partage d'information et de la collaboration. En effet, la participation à une communauté ne relève pas de l'altruisme. C'est bien souvent le meilleur moyen pour construire des écosystèmes dynamiques qui exploitent un stock partagé de technologies et de connaissances capables d'accélérer la croissance et l'innovation.

- Penser et surtout AGIR globalement
Pour Ralph Szygenda, responsable de l'information chez Géneral Motors : "la plupart des grandes entreprises sont des multinationales sans pour autant être globales et cela pose un problème de plus en plus gros à tout le monde. "
Pour Rob Lutz, vice président de GM : "Organisations géographiques délimitées, autonomie des divisions, dispersion des achats, emplois de l'éventail complet de ressources pour assurer toutes ces activités coûtent des milliards de dollars par an et empêchent de tirer parti de la taille et de l'échelle de l'entreprise..."
De tels gaspillages sont rapidement punis dans l'économie internationale concurrentielle. La mise en place de capacités mondiales est payante. Des personnels, des processus unifiés et une plateforme informatique véritablement globalisée favoriseront la collaboration entre toutes les unités de l'entreprise ainsi qu'avec ses partenaires extérieurs.

- Echanger et co-créer
Près d'un siècle a été nécessaire pour qu'une révolution comme l'électrification de l'industrie se déploie entièrement. Compte tenu du nombre croissant de ressources mises en œuvre pour l'innovation, il faut s'attendre à une nouvelle accélération des changements -sans période de grâce- pour les entreprises jusque là dominantes fondées sur la planification et les actions unilatérales. Une nouvelle économie hyperconcurrentielle fondée sur la dynamique de l'échange et de la co-création se développe sous nos yeux.



- Pour avoir une illustration concrète des secteurs d'activité impactés par l'esprit d'entreprise 2.0, nous vous invitons à naviguer sur un site qui leur est uniquement consacré. Grâce aux tags proposés, vous pourrez explorer des domaine tels que le management, l’apprentissage etc. C'est par là

- Et pour une approche sociologique, allez découvrir les notions d ’Enterprise Social Software et ses 7 principes fondateurs

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3.2 L'Entreprise 2.0 c'est quoi ?


Au départ, une innovation technologique mineure : une intervention des internautes sur le web pour s'emparer de l'information, la modifier, la faire partager. Cette possibilité donne naissance à différentes applications technologiques : blogs, Wikis.... la blogosphère est née avec son appellation web 2.0.

Puis des entreprises s’en sont saisie pour associer leurs futurs consommateurs à l'ensemble des processus d'innovation, de production et de diffusion.
Désormais, les internautes peuvent collaborer à Procter et Gamble au travers d' InnoCentive comme au projet du génome humain. Ou bien participer à l’écriture collaborative de wikipédia. On encore endosser la fonction de journaliste indépendant sur AGORA VOX.

Sans parler des utilisations plus personnelles ou communautaires telles MySpace?, YouTube?, ou encore plus concrètement, le service covoiturage étudiants destiné aux participants au Master qui ne résident par sur Rennes sur 123 voiture.

Pour en savoir plus sur les composantes essentielles de la collaboration, on peut explorer l’acronyme "SLATES" qui détaille les termes : Search, Links, Authoring, Tags, Extensions et Signals.

Search -> Le système doit permettre de chercher, et de trouver des réponses à ses questions
Links -> Affiner les liens web documentaires en fonction des centres d'intérêt de la communauté
Authorings -> Proposer à chacun d'être un auteur
Tags -> Organiser la taxinomie des informations selon le principe des tags
Extensions -> De proposer des extensions (vous avez aimé cela, alors vous aimerez cela aussi)
Signals -> Signaler les nouvelles informations à l'instar des flux RSS

SLATES    PLATFORM


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3.3 L' Entreprise 2.0 en pratique



Le travail collaboratif dans l'esprit "entreprise 2.0" repose sur l'articulation de différents outils :

- Fil RSS : fil d'information envoyé sur un navigateur ou une application bureautique via un flux XML. Le podcast utilise les mêmes technologies - rapportées, cette fois, au contenu multimédia - afin d'en automatiser le téléchargement.

- Mash-up : c'est, à l'origine, un service sur Internet mixant plusieurs autres services disponibles sur le Web. Il peut être étendu aux services en ligne ou aux applications sur serveur d'entreprise mêlant d'autres applications d'entreprise.

- Tagging : action de relier un document ou une page à une balise sémantique. Soit, plus simplement, à des mots-clés. Très utilisé dans les weblogs ou les outils de partage de musique.

- Vote : système destiné à mettre en avant ou non un document dont la qualité est remarquable ou pas. Utilisé aussi bien dans les lecteurs MP3 que sur les sites de démonstration de logiciels, de services en ligne, etc.

- Wiki et blog : systèmes de gestion de contenu. Le premier contient une gestion des versions. Le second intègre un système de mise à jour chronologique de la page, et des fonctions comme la possibilité d'ajouter des commentaires, des rétroliens (track back), etc.

Définitions consultées sur le site : Site 01.net

Pour une illustration concrète de la vie dans une entreprise 2.0 "Rencontrer Charlie" est incontournable. Cette présentation powerpoint mise à disposition sur le blog duperrin.com est simple et drôle. Elle retrace la journée de Charlie et de ses collègues avec leurs « amis », les outils 2.0.

Et un autre exemple en vidéo mais, cette fois-ci, en n'utilisant aucun outil informatique ou internet : "Collaboration 2.0"

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3.4 Un état des pratiques les plus récentes


Vous trouverez en cliquant sur le lien quelques business cases exemplaires extrait du forum mondial entreprise 2.0 qui a eu lieu à Boston en 06/2008.

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4. RESSOURCES HUMAINES 2.0

Les tendances développées ci-dessous sont extraites de documents du Medef.
Sources : Journée Compétences du MEDEF du 15/11/02 Cahier 5 : Organisations du travail et gestion des compétences
Cahier 6: Compétences, management et nouvelles missions de l'encadrement.


4.1 Vers une fusion du travailler-apprendre


Le modèle 2.0 d'organisation du travail invite à reconsidérer la manière dont les connaissances et les compétences sont acquises ou développées. Les entreprises ont longtemps fonctionné en considérant que la connaissance et la compétence seraient des "inputs" extérieurs au travail. Celles-ci seraient acquises par formation : on apprendrait d'abord et on appliquerait ensuite. Cette idée est de portée limitée : chaque collaborateur est susceptible de produire connaissances et compétences pour peu qu'il existe un dispositif qui favorise cette création et un processus qui la capitalise. L'activité de travail est formatrice et créatrice de compétence. L'individu est capable de faire même s'il n'a pas appris, même si à priori il ne sait pas, car, il est précisément capable d'apprendre en faisant. Ce qui implique de lui en fournir l'occasion en le plaçant dans des environnements évolutifs. On n'acquiert pas de nouvelles compétences dans les tâches de routine, ni dans les activités qu'on maîtrise bien, ni dans des situations sans problèmes.

4.2 Apprendre, une affaire plus personnelle


La forme classique de stage de formation en groupe, tout en restant significative pour l'acquisition de connaissances ou de savoir-faire de base, va perdre sa place hégémonique parmi les méthodes de formation. Des méthodes d'apprentissages plus individualisées sollicitant plus clairement la motivation individuelle par l'action, le projet, l'expérimentation vont prendre une place croissante. Cela peut amener à repenser les missions de l'organisation des services formation et à les orienter vers la mise en œuvre des processus de capitalisation via notamment les technologies 2.0 (vidéos, blogs...).

4.3 Redéfinir le rôle formateur du manager


Le rôle du manager comporte un volet formateur fondé sur la transmission de connaissances et de savoir-faire formellement et informellement mais également sur sa capacité à mettre les équipes en situation pour construire des connaissances et des savoir-faire originaux par la recherche et l'expérimentation de solutions inédites à capitaliser et partager par la suite avec l'aide des services formation et des technologies 2.0.

4.4 Auto-Apprenant TIC oui mais


La @-formation est un échec patent à chaque fois qu'on imagine que les individus vont se former entièrement seuls à distance. On a pu ainsi constater que les taux d'abandon étaient aux alentours de 80% en l'absence de tuteur et qu'ils passaient à 40% dès lors qu'un tuteur suit l'apprenant.

Pour aller plus loin
A lire dans les n° 919 et 921 d'Entreprise et carrière de septembre 2008, deux enquêtes au titre évocateur :
www.wk-rh.fr
- Jeunes et entreprises : Les nouvelles connexions
- Les sites carrières, vitrines du marketing RH

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5. AGE D'OR DE L'INTERNET AVEC SON LOT DE PROMESSES ET PERILS

5.1 Les promesses


Le développement de l’entreprise 2.0 offre des perspectives
- d'innovation en terme de travail collaboratif et de logique de réseau (network or notwork) dont ce wiki est un exemple concret,
- d’amélioration des équilibres entre temps de travail et temps personnel notamment par les possibilités de télétravail que permettent ces technologies,
- de développement, d’accomplissement et de valorisation de soi grâce aux revenus tirés d'internet.
Dans Direct Matin plus du 09 juillet 2008 on pouvait déceler un signal faible de l'émergence des micros activités qui concernent aujourd’hui des milliers d'internautes français. Le Sénat se penche d’ailleurs sur ce phénomène communiqué de presse ici

5.2 Les périls


David Ticoll, président de New Paradigm, signale que tous les cas d'auto-organisation ne sont pas inoffensifs (cf. : Al quaïda) ou exploitables.

Pour un secteur donné, le développement de la collaboration auto-organisée peut avoir un effet bénéfique, neutre ou très menaçant. Les éditeurs de musique, de littérature, de films, de logiciels, les producteurs de télévision sont les premières "victimes" d'une révolution qui les balaie tous. Malgré des efforts pour évoluer, ils demeurent prisonniers d'un modèle régi par l'autorité et la hiérarchie.

Blogs, wikis, chat-rooms, moteurs de recherche, enchères en ligne constituent de nouvelles façons de s'amuser, de communiquer, de conduire des affaires. Certaines de ces innovations populaires menacent les modèles d'affaires existants.

Philippe Carré dans son ouvrage "L'apprenant vers un nouveau rapport au savoir" a identifié les grandes limites de la société cognitive comme suit :

- Les monopoles du savoir,Disparité dans l’accès à Internet et au savoir en ligne
L’écart des accès au savoir se creuse entre les mieux nantis et les plus pauvres. Le monopole du savoir peut ainsi être analysé comme la nouvelle arme des pays les plus riches.

Alors que 90% des jeunes de 18 à 20 ans disposent d’un mobile, et 69% des adolescents d’un ordinateur à la maison, il est vraisemblable que la principale barrière à l’usage des technologies du savoir sera culturelle.

- Nouvelles pathologies sociales
Les nouvelles technologies contribuent à augmenter la charge mentale à la fois par la surabondance de données numériques accessibles et/ou nécessaires au travail et par le raccourcissement des délais de production ou de réaction qu’elles autorisent ou imposent.

La concurrence « interne », « externe » qui se serait répandue partout deviendrait le mode de régulation de la société postfordiste.

Le travail "vivant" devient travail "à vif" avec le risque d’être "brûlé" ("burn out"). Il s’accompagne d’un lot éventuel de souffrance, malaise, désarroi, stress, peur en contrepartie d’autonomie, d’esprit d’initiative et de coopération.

- Salarié « entrepreneur de ses compétences ou Apprenant SA»
Le salarié d’aujourd’hui et de demain est invité à entretenir un rapport réflexif, proactif et anticipateur à la formation et à l’apprentissage, sous peine que ces derniers se transforment en aggravation subie de la charge mentale liée au travail…

Le salarié étant appelé à se comporter en « véritable indépendant » et à se considérer comme « entité économique à part entière », l'on peut facilement imaginer que les mieux formés y trouveront de nouvelles opportunités et que les moins dotés en formation initiale et en expérience professionnalisante soient laissés pour compte.

- Fracture pédagogique
Verrons-nous dans les prochaines années naître, à côté de la fracture numérique, une fracture pédagogique opposant une société cognitive pour les uns et les miettes de l’éducation populaire pour les autres ? Entre l’idée d’apprenant SA (tendance du marché de l’emploi aux USA), instrument formatif du libéralisme et l’émergence d’une société cognitive (vision humaniste européenne) porteuse d’une émancipation du sujet social apprenant, le fossé se creuse.

Cet inventaire des périls pourrait sembler inquiétant. Ce serait sans compter avec la capacité des êtres humains, des sociétés et des collectifs à rapidement auto-réguler leurs excès. Il y a fort à parier, que dans un monde d'information en temps réel, les stratégies d'équilibrage seront certainement aussi promptes et rapides à se mettre en oeuvre que les excès à se révéler.

En synthèse quatres exemples concrets de tiraillement entre promesses et périls...

1. Le clair et l’obscur de la haute modernité
L’obscur : Traduction du malaise identitaire par la poussée des audiences des partis extrémistes et de la recrudescence d’une certaine légitimité des thématiques xénophobes ou racistes….

Le Clair: Via la médiatisation :transformation du paysage politique dans l’ex Europe de l’Est, transformation démocratique en Afrique du Sud,Birmanie…
Vies sauvé grâce à la vidéotransmission d’intervention chirurgicales, formation des agents isolés aux procédures de sécurité
Les zones de consensus sont minces. Toutefois, il existe un accord parfait sur la nécessité, du développement de l’éducation permanente sous toute ses formes pour accompagner l’incontournable développement des compétences professionnelles

2. Ambivalence et opportunités des TIC
Ambivalence : Les Tic Accroissent de la vitesse des échanges, augmentent la charge de travail, et elles le simplifie et l’enrichisse en même temps. Elles développent la marge d’autonomie et accroissent la charge mentale, avec des effets qui peuvent être positifs ou négatifs sur la santé….

Opportunité : Travailler avec les TIC pour améliorer l’éducation et la vie quotidienne des plus défavorisés est l’un des défis les plus exaltants aujourd’hui… A condition de se concentrer sur la « fracture éducative » entre les plus et les moins nantis. La société cognitive se doit d’utiliser le potentiel chaque jour accru des technologies de l’information….

3. Besoins de régulation entre Proactivité et Solidarité
Proactivité: Les nouvelles formes de travail sont porteuses d’opportunités pour les salariés pour peu qu’ils sachent, en trouvant les appuis collectifs nécessaires, les détecter et les exploiter…

Solidarité: A la lumière de l’histoire du XXème siécle. si seul le capitalisme fonctionne, la recherche du profit peut, sous certaines conditions, produire des bienfaits sociaux. C’est le sens du raisonnement sur la « solidarité numérique » (cf commerce équitable en ligne) pour combler les écarts Nord-Sud…

4. Autodidaxie, Autoformation et Besoin de Guidance pédagogique
Au regard de l’adage : « C’est moi qui apprend et avec les autres »

Autodidaxie, autoformation : Ces apprentissages indépendants des agents éducatifs formels, souvent buissonniers, invisibles, marginaux mis en lumière tant, par des études socio-organisationnelles que par la mise en lumière des caractéristiques psychologiques des apprentissages autonomes qui soulignent la dimension autodirigée de ces pratiques.

Guidance pédagogique: Il s’agit de moins en moins de se demander quelle pédagogie, quelle formation peut-on apporter aux formés ? Que comment les apprenants, agents majeurs de leur formation vont-ils s’approprier les ressources qui leur sont proposées ?

L’apprenant prend le premier rôle, le formateur devient facilitateur.

Pour finir : Une mise en perspective

Dans le prolongement de l'économie marchande émerge un nouvel espace stimulé par les possibilités sans cesse renouvelées des TIC.
C'est celui de la connaissance et de la mise en réseau pour faire face à la complexité.

Entreprise 2.0, société de la connaissance, économie numérique ne sont finalement que des nouveaux territoires à explorer.
Nous pourrions pousser l'analogie jusquà affirmer que nous sommes les pionniers de cette nouvelle ère.

Etre pionnier au XXI siècle signifiant pouvoir développer :
Confiance pour oser explorer, expérimenter.
Vigilance pour s'ajuster à la réalité en permanence,
Conscience pour doser la vitesse de transformation.
POUR
Equilibrer performance, sérénité et bien-être de soi et des autres.

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6. POUR MOMENTANÉMENT CONCLURE : Entreprise 2.0 ou comment créer de la valeur en adoptant des modèles non classiques ?

Les entreprises ont aujourd'hui les moyens de dépasser les limites de leurs murs, de semer les graines de l'innovation et de récolter une immense moisson. Celles qui privilégient les relations souples fondées sur la CONFIANCE avec des collaborateurs extérieurs sont bien placées pour constituer des écosystèmes dynamiques de travail qui créeront plus efficacement de la valeur que les entreprises uniquement organisées hiérarchiquement.

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7. POUR EN SAVOIR PLUS

BIBLIOGRAPHIE COMMENTEE


Quelques ouvrages du plus large au plus spécifique.

- The world is flat, Thomas L. Friedman, Farrar, Strauss and Giroux, 2005. The world is flat
Un voyage à travers de nombreux exemples pris en Chine et en Inde pour mieux comprendre la mondialisation et les transformations que cela entraine pour les entreprises, les femmes et les hommes de pouvoir et la technologie. Le tout regroupé dans des listes de points forts et de concepts délibérement provocateurs.

- Comment le web change le monde : L'alchimie des multitudes, Francis Pisani, Dominique Piotet, Village mondial, Collection : Société - Sciences humaines, 2008. Comment le web change le monde
Partant des pratiques des jeunes, les auteurs le passage au web. De ce phénomène ils retiennent 5 caractéristiques principales : Primauté de l’usage, souplesse de l’outil, communication souple et non maitrisée, fort potentiel relationnel, apparition des amateurs experts.

- Tout sur le Web 2.0, Capucine Cousin, Poche, Collection : CommentCaMarche?.net, 2008. Tout sur le web 2.0
Le point sur les applications nombreuses et variées du Web 2.0 et leurs spécificités dans différents domaines : production, personnalisation et partage de contenus (Wiki, Blog, podcasts, flux RSS...) ; outils collaboratifs (messageries instantanées...) et réseaux (sociaux, professionnels...) ; protection des données personnelles des internautes (identité numérique, problèmes juridiques...).

- Wikinomics, Don Tapscott et Antony D. Williams, Pearson Education, 2007. wikinomics. Cet ouvrage s’appuie sur une recherche de 5 ans. Il est consacré à l’économie des Wikis dont il montre de façon enthousiaste les champs d’application et les enjeux.

- Marketing 2.0 : L'intelligence collective, F. Laurent, M21 éditions, 2008. 2.0 : l’intelligence collective
Face à la déferlante des wiki, blogs etc. la fonction marketing doit construire un nouveau type de relation avec les consommateurs, porteur d’intelligence collective. Il s’agit d’accepter suggestions et réclamations, et surtout à dialoguer. « Passer d'une communication top down arrogante à une conversation horizontale, de pair à pair devient indispensable. »

- Bienvenue sur Facebook ! : le mode d'emploi, J. Bouteiller, C. Germouty, K Papillaud, Albin Michel, Collection : Essais doc, 2008. Bienvenue sur Facebook !
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Facebook. Que représente cette communauté virtuelle qui compte déjà près de 2 millions d'utilisateurs en France. A quoi ça sert ? Comment ça marche ? Risques, opportunités ?

Et pour changer de registre :
L’apprenance : vers un nouveau rapport au savoir, Philippe Carré, Dunod, 2005.
Cet ouvrage propose un état de la question de la société cognitive aujourd'hui, avant de définir la notion d'apprenante comme "ensemble durable de dispositions favorables à l'acte d'apprendre dans toutes les situations". Il analyse ensuite trois conditions de son essor : comprendre les motivations à apprendre, développer les compétences d'autoformation, déployer une écologie de l'apprenante. Ces trois facettes ne peuvent que réinterroger le management des ressources humaines au l’aulne de l’entreprise 2.0.

SITOGRAPHIE

Et vous souhaitez rester « branchés » sur les évolutions de l’entreprise 2.0, nous vous conseillons de vous abonner à ce fil RSS.
Le flux d'Entreprise 2.0 via Eric dans Google Reader

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8. LIENS WIKI DE NOVANTURA

Collaboration
Economie de la connaissance
Entreprise apprenante
Knowledge Management
Management participatif
Organisation apprenante

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