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GenerationY

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Génération Y ou Millenials



La génération Y correspond aux jeunes adultes ou encore adolescents qui ont grandi avec la technologie à portée de main, habitués à être en permanence connectés...

Sommaire :

1. Éléments de définition

2. Les caractéristiques de la Génération Y

3. Comment mettre ces comportements au service des apprentissages ?

4. Génération Y : la hantise des Ressources Humaines ?

5. Génération Y : mythe ou réalité ?

Sources



1. Éléments de définition


Deux lectures sont possibles pour une définition de cette génération:

Elle succède à la "Génération X" qui s'étend de 1965 à 1975 (décrite comme la "génération aux ambitions sacrifiées"), et elle laisse déjà place à la "Génération Z" (aussi appelée "génération silencieuse" ou "Génération C" pour "communication, collaboration, connexion et créativité") née après 1995.

Ce concept, d'ordre sociologique, a été lancé par le magazine américain Advertising Age en 1993.
L'intérêt pour cette génération est d'abord venu du marketing, qui souhaitait faire évoluer son discours auprès des adolescents, les prochains consommateurs.

Il existe plusieurs hypothèses quant à l'origine du terme. La lettre Y, prononcée "why" ("pourquoi") par les anglo-saxons aurait été choisie:

Ces individus "Y" représentent environ 25% de la population mondiale et formeront 40% des actifs en 2015. Ils sont 13 millions en France (21% de la population française), 70 millions en Chine et 200 millions aux États-Unis. Ils sont aussi appelés :

Quel que soit le nom qu’on lui donne, cette génération exigeante en termes de mobilité, de communication et de rapidité enclenche un cycle de changement et de transformation des mentalités.
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2. Les caractéristiques de la Génération Y

2.1 Leur comportement : les 4 i


Dans la « culture Y », quatre caractéristiques s’appliquent à tous les jeunes et tranchent avec celles des générations précédentes :


Ces qualificatifs sont des perceptions mais ne reflètent pas forcément la réalité de cette culture.

2.2 Caractéristiques comportementales liées à l'usage du Web


Noyés dans un flux d’informations depuis leur enfance, les individus de cette génération ne vont pas chercher l’information, ils attendent plutôt que l’information vienne à eux. Sur le web, ils surfent selon une logique de Serendipité, d’exploration curieuse vers des informations non hiérarchisées. La rapidité de leurs recherches sur le web montre qu’ils consacrent peu de temps à l’évaluation de l’information. Leurs comportements informationnels varient selon la discipline de leurs études.

Il paraît donc essentiel de former cette génération à la culture informationnelle pour lui apprendre à sélectionner, trier et hiérarchiser l’information et à porter un regard critique sur ce qu’elle voit (éducation à l’image). Pour certains auteurs cependant, comme Don Tapscott et Anthony D. Williams (auteurs de Wikinomie), les jeunes de cette génération possèdent un grand esprit critique : inondés d’informations, ils s’appuieraient davantage sur leurs réseaux pour construire leurs propres opinions.

Cette pratique du Net les a rendu zappeurs. Ils passent facilement d’une activité à une autre, voire plusieurs activités en même temps.
On parle de mode de fonctionnement multitâche. Par exemple, on dit souvent qu’ils sont capables de suivre un film en menant 3 conversations sur Internet tout en finissant un exercice de maths.

Cette forme de zapping perpétuel, nécessitant une stimulation fréquente, voire incessante, aurait entraîné chez les jeunes « Y » de grandes difficultés à maintenir leur concentration plus de dix minutes sur un objet donné.

En stimulant leurs facultés cognitives de manière différente, les nouvelles technologies façonneraient le cerveau des nouvelles générations. Selon Michel Serres, les individus de cette Génération Y baptisée « Petite Poucette » par leur capacité à envoyer des SMS avec leur pouce, jugent avec les facultés cognitives qui sont les leurs. Mais cela ne signifierait pas pour autant qu’ils ne peuvent avoir de mémoire, ni d’esprit de synthèse.

2.3 Caractéristiques comportementales liées aux apprentissages


Selon l’opinion publique, la pédagogie traditionnelle ne correspondrait plus à cette génération qui a besoin de cours de courte durée (1h maximum) et d’interactivité au travers de supports variés (vidéos, musique…). Sont aujourd’hui privilégiées des formes d’apprentissages plus ludiques, des méthodes d’enseignement basées sur des Serious Games, des jeux de rôles ou des travaux collectifs.

Le rapport des individus « Y » avec leur formateur dans l’enseignement supérieur a changé : ils veulent savoir pourquoi ils étudient, et considèrent leurs professeurs comme un partenaire avec qui ils peuvent discuter. Paradoxalement, ils sont souvent qualifiés d’assistés et de passifs, plus à l’aise avec les QCM qu’avec les dissertations.

Habituée aux nouvelles technologies et friande d’interactivité, cette génération ne rencontrerait donc aucun problème d’adaptation aux nouveaux dispositifs d’apprentissage e-learning, qu’elle considèrerait même comme plus appropriés à ses attentes. Il s'agirait pour eux d'un mode naturel d'apprentissage.
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3. Comment mettre ces comportements au service des apprentissages?


Les individus « Y » se sont familiarisés avec un certain nombre d’outils numériques, et en particulier avec des outils collaboratifs comme les blogs et les réseaux sociaux. Leur désir de développer une relation intime et intersubjective avec leurs objets communicants et d’extérioriser sur internet une partie de leur vie est appelé désir d’extimité.

Depuis l’apparition de Facebook (le premier réseau social initialement destiné à une communauté d’étudiants), de nombreux établissements universitaires ont implanté des réseaux sociaux, des plateformes de cours en ligne ou des blogs d’échanges pour compléter les cours en présentiel, communiquer avec leurs étudiants et favoriser les échanges entre pairs.

La Génération Y participant à l’élaboration de ses connaissances via les outils du Web 2.0 (notamment à travers les plateformes collaboratives et les réseaux sociaux), ces outils sont de plus en plus utilisés dans les dispositifs de formation. Également, le Mobile Learning offre des opportunités de formation intéressantes pour cette génération.

Le mode de fonctionnement de cette génération et l’apparition de ces nouveaux outils risquent de faire changer les pratiques pédagogiques. On parle de « pédagogie innovante 2.0 », comme l’illustre cette vidéo (8 minutes)
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4. Génération Y: la hantise des Ressources Humaines?

Deux “mondes” observent et analysent cette génération dans ses rapports à l’entreprise : celui du management (composé de consultants RH et d’auteurs d’ouvrages managériaux) et celui des chercheurs académiques.

4.1 Ce qu'en disent les consultants RH


Selon certains spécialistes en ressources humaines, les individus « Y » auraient des comportements tellement différents de ceux de leurs aînés qu’il faudrait leur accorder un traitement particulier au sein de l’entreprise.

Des consultants en ressources humaines ont repris cette théorie pour mettre au point des stratégies censées aider les entreprises à appréhender ces salariés d’un nouveau type. Deux axes d’attaque sont en général proposés :

La deuxième méthode est prônée par de nombreux consultants RH, qui considèrent que c’est à l’entreprise de s’adapter aux nouveaux comportements de cette génération, et non l’inverse. La plupart d’entre eux considèrent d’ailleurs les jeunes de cette génération comme étant rebelles, moins fidèles à leurs entreprises et moins respectueux de la hiérarchie que leurs prédécesseurs, plaçant leur épanouissement personnel au centre de leurs préoccupations. Leur rapport à l’entreprise serait un rapport de séduction dans lequel l’entreprise devrait jouer de son attractivité pour les fidéliser.

C’est le cas de l’Oréal qui, en 2010, a lancé « Reveal » (son « révélateur de talents »), un Serious Game dont l’objectif était de faire connaître les différents métiers de son entreprise aux étudiants du monde entier, et de dénicher de nouvelles recrues parmi les meilleurs participants. Une occasion pour l’entreprise d’améliorer son image de marque employeur auprès de la génération Y en lui faisant découvrir ses métiers et en se positionnant comme une entreprise innovante, au fait des dernières tendances en matière de recrutement et de technologie.

On peut donc constater que la culture du travail change. Les entreprises sont fortement incitées à travailler avec ces environnements numériques pour attirer ce nouveau profil de salariés et développer leur activité. Les réseaux sociaux, les blogs sont des outils pour trouver une nouvelle clientèle, de nouveaux marchés et pour innover.

4.2 Ce qu'en disent les chercheurs


La plupart d’entre eux dénoncent le discours des consultants, qu’ils jugent discriminatoire car porteur de nombreux préjugés, ainsi que l’attitude des managers, trop influencés par ces discours. Un nombre grandissant de chercheurs cassent le mythe d’une génération Y qu’il faudrait apprivoiser ou dompter, estimant que l’âge des individus serait un critère social plus discriminant encore que leur classe sociale, leurs origines ou leur statut.

Jean Pralong (professeur en gestion des ressources humaines) fait partie de ces esprits critiques, puisqu’il a démontré que les attentes des actifs des générations précédentes ne différaient pas de celles de la génération Y. Dans son blog, il s’érige contre les « Y-ologues, […] ces divers sauveurs, dont un bataillon de consultants, qui ont d’autant moins de mal à se dire spécialistes que le phénomène est nouveau et qu’en réalité personne n’en sait grand chose".
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5. Génération Y : mythe ou réalité?


Beaucoup de gens vont dans le même sens et considèrent cette « Génération Y » comme un faux concept, un instrument idéologique au service d’une stratégie marketing, qui ne tient pas compte des réalités auxquelles cette génération est confrontée (chômage, précarité des contrats de travail, etc.). Pour Danah Boyd par exemple (universitaire américaine connue grâce à ses études sur Friendster puis Myspace), la Génération Y ne serait en fait qu’une petite partie de la jeunesse actuelle, celle que les spécialistes du marketing doivent atteindre. Selon une étude menée par Christopher Jones (chercheur à la Open University) auprès de 2 000 étudiants de 5 universités britanniques, les nouvelles technologies ne seraient pas l'apanage de l'ensemble de la génération Y. En effet, toute la jeune génération ne serait pas hyper-connectée, et une minorité ne maîtriserait pas totalement certains outils.

Pour d’autres, comme Michel Serres, Olivier Rollot ou Benjamin Chaminade, cette génération existe bel et bien, et marque le point de départ d’une véritable révolution à laquelle les entreprises doivent se préparer.

La plupart des consultants véhiculent un certain nombre d’affirmations plus ou moins négatives sur cette génération (manque de respect pour la hiérarchie, absence de carriérisme, priorité donnée à l’épanouissement personnel, etc.). Cependant, sont-ils crédibles de par leurs expériences de professionnels des ressources humaines, ou doit-on s’en méfier, de peur d’entrer dans cette psychose managériale ?

Les individus Y, étant inter-connectés, sont-ils plus adeptes à l'usage de l'autoformation ?
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Sources


Génération Y et outils du Web 2.0 :

- L’utilisation des nouvelles technologies, pas forcément innée pour la génération Y
- Génération Y : Les jeunes et les réseaux sociaux, de la dérision à la subversion (Monique Dagnaud, 2011)
- Pourquoi les jeunes aiment myspace

Génération Y et apprentissages :

- La génération Y est-elle impossible à former ?
- L’élève numérique, comment pensent et apprennent les Digital Natives (Baumard Maryline, Monde de l’éducation, avril 2008)

Génération Y et entreprise :

- Rapport de l’IAE de Lyon : Enquête : l’intégration de la génération Y en entreprise aujourd’hui, enjeux, opportunités, obstacles
- Manager la génération Y, travailler avec les 20-30 ans (Florence Pinaud et Marie Desplats, édition Dunod , 2011)
- Manager la génération Y avec les neurosciences (Alan Fustec,Dominique Sappey-Marinier, Eyrolles, 2011)
- Génération Y, intégrer les jeunes dans l’entreprise (Daniel Ollivier, Catherine Tnaguy, Deboeck, 2008)
- Génération Y : quand les cultures se rencontrent sur le lieu de travail
- Intégration de la Génération Y en entreprise aujourd’hui : enjeux, opportunités, obstacles
- Jeu d’entreprise : définition
- Reveal : le recrutemeny chez l’Oréal, un vrai jeu d’adultes !

Les partisans d'une Génération Y :

- La génération Y vue par Olivier Rollot
- La petite poucette (Michel Serres, édition le pommier, 2012)
- Site internet de Benjamin Chaminade

Les réfractaires à une Génération Y :

- Interview de Danah Boyd : la génération Y n’existe pas
- Nouvelles Carrières, le blog de Jean Pralong
- Génération Y en entreprise : ce que cache la peur des 15-30 ans
- Génération Y : un faux concept, de vraies valeurs

Génération Y : mythe ou réalité?

- La génération Y va-t-elle révolutionner le monde (Martine Fournier, Sciences Humaines, 2012)
- Et si la génération Y n’était qu’un mythe ?

Autres

- L’intimité surexposée (Serge Tisseron, hachette, Littératures, 2002)

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Version du 11 novembre 2012
Auteurs: Zoé Bihouis, Véronique Pivon et Blandine Quelderie
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