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Médiatisation


La médiatisation est l'action de médiatiser. Il s'agit d'un processus de production de contenus d'enseignement avec l'aide d'outils techniques, appelés médias. L'utilisation de supports médiatiques permet de communiquer et diffuser des informations, de transmettre et d’exploiter un message entre enseignant et apprenant. La médiatisation qui fait partie des dispositifs d’apprentissage, comporte donc par définition, un processus de médiation qui va faciliter la transmission de l'information. Pour la mise en oeuvre de dispositifs de formation à distance, la médiatisation demeure un pré requis.

SOMMAIRE

1. Définition

2. L’interaction entre médiatisation et médiation

3. Le processus de médiatisation

4. Conclusion

5. Références

6. Bibliographie



1. DEFINITION

1.1 La médiatisation

La médiatisation est l’action de mettre en médias.

Selon Peraya (1999), « la médiatisation évoque avant tout l’idée de medium, cet intermédiaire obligé qui rend médiate la communication entre les interlocuteurs – professeurs et apprenants : il s’agit toujours de documents imprimés ou électroniques, d’images et de textes, d’illustrations, etc… donc de représentations matérielles. »

En pédagogie, la médiatisation est la facilitation de la transmission d’un savoir, accessible via différents supports : illustration, étude de cas, présentation power point. Cette transmission vers l'apprenant se réalise par l’intermédiaire de médias et/ou d’un médiateur.

Et on ne peut pas parler de médiatisation sans évoquer le terme de médiation.


1.2 Le média

Selon l’Encyclopédie Hachette, il s’agit d’un support de diffusion et de transmission de l’information (radio, télévision, journaux, affiches, ordinateur, etc.) constituant à la fois un moyen d’expression et un intermédiaire transmettant un message à l’intention d’un groupe.

On considère qu’il existe différents types de médias, répartis en 3 catégories :

- Les médias autonomes : les livres, journaux, cassettes audio, vidéocassettes, CD-Rom, DVD… Usage selon la volonté du récepteur – Médias non raccordés directement à un réseau.
- Les médias de diffusion : de l’émetteur au récepteur : radio, TV : par ondes hertziennes, par satellites, par câbles coaxiaux ou par fibre optique.
- Les médias de communication : qui permettent l’interactivité : téléphone, télétexte, vidéotex (Minitel) et maintenant l’Internet.

Et différents courants de pensée :

- Pour Vygotsky, il est un dispositif technique qui met en œuvre un système symbolique de représentation. Les médias se différencient alors des systèmes symboliques ou systèmes de signes, parce qu’ils représentent leur contenu.
- Balle, qui a créé en 1985 le Master de recherche Médias, sociétés et mondialisation, pense que le média est un équipement technique qui permet aux hommes de communiquer l’expression de leur pensée, quelles que soient la forme et la finalité de cette expression.
Quel rôle et fonctionnalités peut-on donner aux médias ?

Les travaux sur les médias (voir Dessus & Lemaire, 1999), notamment dans la francophonie, partent, dans la quasi-totalité des cas, du postulat qu'ils sont la cause du progrès dans l'apprentissage des élèves l'utilisant. Ce postulat a au moins deux raisons d'être :

- Le média est le chaînon, dans l'environnement éducatif, le plus facilement changeable, donc achetable, et à ce titre des aspects commerciaux ou publicitaires peuvent perturber le bon sens qui consisterait à tester impartialement les effets des médias sur l'apprentissage.

- Le média, comme l'acronyme TIC le suggère maintenant, est toujours réutilisé à des fins éducatives : la radio, la télévision, l'ordinateur ont été utilisés dans la vie professionnelle ou quotidienne avant d'apparaître dans l'école, ce qui renforce l'argument : « l'école doit préparer à la vie, il faut donc faire de l'informatique (de la télévision, de la radio, etc.) ». Notons déjà que cet argument est à double tranchant : certains enseignements de l'informatique ont ainsi concerné des langages de programmation (Basic, LSE) qui sont très vite devenus obsolètes, donc peu ou pas transférables à d'autres compétences informatiques.


1.3 Les Mass-médias

Le terme a vu le jour à partir de la seconde moitié du XXème siècle avec le concept de média, celui de mass-média.

C’est un terme américain qui semble devenu indispensable aux sociologues et aux publicitaires, qui l’emploient pour désigner le véhicule de la culture de masse.

L’Académie Française a proposé en 1969 un équivalent français avec le terme « masses-média ». D’autres propositions françaises ont émergé : culture de masse, technique de masse, support de masse, etc.

Mais les mass Médias représentent un ensemble de moyens de diffusion de masse de l’information, de la publicité et de la culture. Il existe différents instruments et techniques, audiovisuels et graphiques, capables de transmettre rapidement le même message à destination d'un public très nombreux : cinéma, radio, presse, télévision, etc.

Aussi, peut-on les considérer comme des moyens de communication ? Il semble que « non » si tant est qu’il n’y a pas de réponse possible au message transmis (ex : la télévision, la radio, le film ou le journal).

Il va de fait que les mass médias restent des techniques de diffusion.


1.4 Le médiateur

Selon Chaduc, Larrald et de Mecquenem (1999) « est médiateur tout élément qui s’intercale entre deux autres et en modifie les relations ».

Pour Aumont et Mesnier (1992), « Le médiateur est celui qui favorise la « négociation » dans un conflit tel que peut le vivre tout apprenant dans une relation parfois difficile à un objet de savoir qui lui résiste et le malmène. ».

En pédagogie, le médiateur est celui qui connaît et facilite la transmission du savoir. Ce médiateur peut être l’enseignant ou les pairs.

L’enseignant est souvent médiateur, mais il peut agir à différentes étapes de la médiatisation, en organisant les savoirs afin de les transmettre de façon accessible et compréhensible par les élèves et en intervenant durant la conception et la sélection des supports pédagogiques médiatisés.

Il peut aussi être partie prenante du processus de médiatisation, par exemple lors d’une classe virtuelle.

1.5 La médiation

Nom féminin, du latin médiator, médiare, qui signifie s’interposer, être au milieu (Larousse, 1998).

Plusieurs auteurs font référence au concept :

Dans les « Pratiques médiatiques », Bélisle (1999) pense que la médiation renvoie à l’action du médiateur, au fait de servir d’intermédiaire, Média étant le pluriel du mot latin medium (milieu, intermédiaire) : la médiation peut être définie comme étant l’intervention d’une tierce personne pour régler un conflit ou faciliter la communication.

Pour Vygotsky (1933), dans les années 20, la médiation est omniprésente car le rapport entre un objet et un sujet n’est jamais immédiat, il est toujours médiatisé. Le principal outil pour médiatiser le contenu est alors le langage.

Selon Mérieu (1987), « la médiation désigne à la fois ce qui, dans le rapport pédagogique, relie le sujet au savoir et sépare le sujet de la situation d’acquisition. Elle assure ainsi, contradictoirement, mais indissolublement, la transmission du savoir et l’émancipation du sujet ».

L’idée de la médiation pour Peraya (1990), c’est de mettre à disposition des outils, favoriser l’apprentissage et permette le développement de l’autonomie de l’apprenant qui se retrouve confronté avec le savoir : « enseigner à distance, c’est enseigner en différé, c’est en conséquence enseigner à travers la médiation de supports de communication puisque les contenus d’enseignement, les exercices,… ne peuvent être transmis à l’apprenant que par l’intermédiaire de moyens d’information et de communication : informatique, supports visuels, .. ».

La médiation peut être donc humaine, par l'intervention d'un enseignant par exemple, ou mise en oeuvre à travers un outil, par exemple une classe virtuelle.




2. L’INTERACTION ENTRE MEDIATISATION ET MEDIATION

2.1 Des concepts complémentaires

Pour Bélisle, si dans la formation universitaire, la médiatisation semble avoir de plus en plus de place, en même temps, dans le reste de la société, la médiation humaine connaît un succès retentissant, notamment avec l’organisation de la profession de médiateur.

La médiation humaine semble donc rester inscrite dans les apprentissages médiatisés mais quelle place lui revient ? L’apprenant peut-il apprendre seul ? Bélisle reprend alors le concept même d’"apprendre" en avançant qu’apprendre n’est pas seulement un transfert de contenus mais une construction des connaissances mise en œuvre par un sujet social inséré dans un contexte.

La médiatisation technologique peut-elle se substituer à la médiation sociale qui rend possible le processus d’apprentissage ? Bélisle note tout d’abord que médiation et médiatisation sont deux concepts qui ne se recoupent pas.

Le propre des médias est de fournir des systèmes symboliques de modélisation du réel. Il est vrai qu’ils mobilisent plus les capacités perceptives et élargissent donc la base de l’intelligence pratique. Cependant, cet élargissement de l’expérience d’apprentissage ne supprime pas le rôle de l’enseignant qui doit aider l’apprenant à se situer dans de nouveaux systèmes de représentations. Elle conclut donc sur la complémentarité de la médiation et de la médiatisation :

"[...] la médiation humaine, mobile et ouverte, s’avère irremplaçable pour suivre l’apprenant jusqu’au cœur des processus d’apprentissage transformés par leur instrumentation.".

Cazade (2003), pense que la médiation humaine doit rester au cœur de la médiatisation et de la mise à distance, car elle permet d’assurer un suivi pédagogique et de replacer l’apprenant dans une sphère sociale.

D'après Gettliffe-Grant (2004) « il semble qu’il faille préférer –médiation- pour médiation humaine et –médiatisation- pour médiation technique sous-tendant les aspects multimédias » (Charlier et al. 2007).

Exemple : dans le domaine de la formation et de l’apprentissage, la médiatisation est mise au centre du dispositif dans un enseignement sur mesure. Il médiatise dans sa totalité les contenus, et propose un objectif final à tous les apprenants. La médiation est au premier plan autour d’une offre à la demande d’accompagnement de projet personnel, où les ressources ne sont pas pré-médiatisées, et où l’enseignant joue un rôle central.

Il ne sert à rien d’avoir un dispositif multimédia si on ne se préoccupe pas de la médiatisation, et de la médiation indispensable au bon fonctionnement de tout enseignement.


2.2 L’interactivité

Pour Peraya, communiquer ne consiste pas seulement à transmettre un message, un contenu. Communiquer, cela constitue aussi un acte social.

On parle d'interactivité pour désigner d'un côté le lien social propre à l'interaction, et de l'autre le simple échange d'informations entre deux machines.

Cette répartition rappelle la distinction entre deux formes d'interactivité qui intéressent au plus haut point le processus de médiation (Barchechat et Pouts-Lajus, 1990) :

- L'interactivité fonctionnelle, qui gère le protocole de communication entre l'utilisateur et la machine.
- L'interactivité intentionnelle, qui gère le protocole de communication entre l'utilisateur et l'auteur absent, mais présent à travers le logiciel.

Dans la pratique, médiatisation et interactivité fonctionnelle sont souvent privilégiées et considérées comme autonomes. Mais, on oublie que la médiatisation n'est pas au seul bénéfice du message et des contenus pédagogiques : elle participe aussi fréquemment à celui de la médiation.


2.3 Le triangle pédagogique en 4 pôles

Selon Poisson (2003), le triangle pédagogique classique, Formateur – Apprenant - Savoirs, ne tient pas compte des médias et/ou ressources à disposition, tant du formateur que de l’apprenant. Il nous propose alors un modèle plus complexe formé d’une pyramide en 3D avec 4 pôles. On retrouve les 3 pôles habituels, le 4ème pôle étant constitué des médias, ou plus généralement des ressources éducatives, de l’environnement dans lequel s’inscrit un enseignement.




A partir de cette pyramide, Poisson extrait les 4 faces, qui sont autant de triangle didactique. Nous avons toujours le triangle pédagogique classique Formateur – Apprenant – Savoirs, qui forme la base de la pyramide, mais nous en avons trois autres :

- Une face Apprenant – Formateur – Médias : qui représente la médiation de la formation.
- Une face Savoirs – Formateur – Médias : qui représente la médiatisation des savoirs.
- Une face Médias – Savoirs – Apprenant : qui représente l'auto-formation.

En regardant cette pyramide en 3D en 4 pôles, on se rend compte que les technologies ne peuvent pas remplacer l’enseignant. Ce qui redonne au formateur une place, celle de facilitateur, c’est-à-dire de médiateur.


2.4 La médiation instrumentale

Pour Rabardel et Samurçay (2001), la médiatisation peut se fractionner en plusieurs types de médiation, dont la médiation relationnelle (qui se réalise entre les sujets) et la médiation réflexive (orientée vers le sujet lui-même).

Ces deux types de médiation nous intéressent plus particulièrement, pour mettre en avant les potentialités de la médiatisation comme facteur favorisant la médiation de soi.

Nous pourrions ainsi évoquer les dispositifs tels que :

- Les pages personnelles, blogs et micro blogging, où la dimension d'ouverture de soi aux autres est mise au premier plan.
- Le GPS où l’on se laisse guider spatialement.
- L'informatique où l’on dépose une part de notre mémoire, de la structuration de notre travail et de notre pensée.
- Les réseaux sociaux virtuels, mails, sms, etc., contribuant à placer le sujet contemporain en situation de contact quasi permanent, où il est responsable de la gestion de ses connexions/déconnexions.




3. LE PROCESSUS DE MEDIATISATION

3.1 La scénarisation pédagogique

Selon le Dictionnaire des médias, il s’agit d’une action consistant à médiatiser. Elle consiste en un échange. Le terme désigne le processus de création d’un dispositif dans lequel la scénarisation occupe une place importante. Le concept désigne un processus qui relève de l’ingénierie de formation.

D'après Charlier et al. (2007), la communication médiatisée serait un « processus dans lequel le choix des médias les plus adaptés ainsi que la scénarisation occupent une place importante ».

Pour Meunier et Peraya (2004), lorsque l’ingénieur pédagogique s’occupe de la création d’un dispositif de formation, il accomplit ce qu’on nomme un processus de médiatisation, de « mise en » dispositif médiatique.

Ce processus se réalise par l’interaction d’au moins trois actions :

1. L’ingénieur pédagogique donne une forme au dispositif à travers l’utilisation d’une métaphore à trois niveaux :

- Le dispositif, pour aider à la navigation et à la perception de l’espace de travail, faciliter la mémorisation des connaissances.
- Le contenu, pour aider à relier les nouvelles connaissances.
- Les interactions pour suggérer des comportements et des attitudes aux apprenants (ex la salle de cours, le café, la bibliothèque).

2. L’ingénieur pédagogique élabore son dispositif selon la connaissance qu’il a des processus d’apprentissage. A ce propos, il s’interroge sur la manière dont la médiation intervient dans la construction des connaissances et dans la communication, en utilisant des outils de communication (chat, forum, mail), des outils d’information (consigne de travail, échéances, …) et des outils pour le partage des ressources.

3. Il concrétise toutes les réflexions précédentes dans un scénario pédagogique afin de les numériser. Il y explicite les objectifs à atteindre, l’organisation et le déroulement des activités, les échéances à respecter, les consignes de travail et les différentes manières d’agir des intervenants (exemple par chat pour prendre des décisions ou réguler des situations difficiles, un forum pour poser des questions, …).

La formation en ligne permet de fait une forte interactivité, et ce par de multiples options :

- Les liens hypertextes, l’ouverture de fenêtre « pop-up » (petite fenêtre auxiliaire proposant un contenu venant renforcer ou compléter).
- Les supports multimédia (son, vidéo).
- Les quiz et autres tests.

Exemple à consulter - le e-learning du Moyen-Age à nos jours : http://www.amplitudes.fr/formation/


3.2 La médiatisation de la relation pédagogique

Pour Daniel Peraya (2009), "la relation pédagogique dont personne ne doute en situation présentielle, doit elle aussi faire l’objet d’un processus de médiatisation." Il ne suffit donc pas de médiatiser, de mettre en ondes, en images, etc., bref de "mettre en médias", les seuls contenus et les connaissances.

Geneviève Lameul (2003) formule l’hypothèse d’un effet de la médiatisation de la relation pédagogique dans un dispositif de formation continue ouverte et à distance des enseignants, sur la construction et l’évolution des postures professionnelles.

Geneviève Jacquinot-Delaunay (2008), aborde la sphère des pratiques pédagogiques vues sous l’angle des évolutions du métier d’enseignant-chercheur. Après avoir retracé l’histoire des concepts parfois flous mais fédérateurs et de leurs cadres théoriques (autoformation, autonomie et autonomisation, pratiques), elle met en évidence les nouvelles « figures » de l’enseignant qui se dessinent et qui remettent en question les finalités de l’enseignement supérieur et les rôle et statut traditionnels des enseignants.
À côté de la figure canonique de l’enseignant-chercheur apparaissent le pionnier, le producteur auteur, le manager et l’ingénieur en formation

3.3 Les outils de médiatisation dans le cadre du e-learning

Dans un contexte de formation à distance, la conception pédagogique est "médiatisée" : cette médiatisation passe par des supports qui seront utilisés en l'absence de l'enseignant. Les outils et logiciels, qui permettent de médiatiser l'information, sont de plus en plus simples d'usage et sont à la portée de tout utilisateur.

Les outils bureautiques ne donnant plus satisfaction, le web 2.0 met à la disposition des utilisateurs des outils qui facilitent la création de contenus sans avoir besoin de posséder des compétences en informatique ou en multi-média.

On parle d’outils comme Adobe Captivate, Articulate, Audacity, Camtasia, etc… et de la chaîne éditoriale qui est un procédé technologique permettant de créer des contenus numériques structurés pour les publier sur différents supports. Exemple : Scénari, Opale, …

Pour le concepteur de projet e-learning, connaître ces différents outils sera utile afin de mieux orienter le travail de scénarisation.

Un comparatif de six logiciels auteurs libres ou gratuit est présenté ici : http://c.deruy.ouvaton.org/telecharger/logiciels-auteurs-libres-gratuits.pdf


3.4 Les dispositifs de communication et formation médiatisées

Avant tout, il faut sans doute clarifier l'historique du concept de dispositif, de son évolution et de ses différentes applications.

Le terme trouve son origine avant tout dans le champ de la technique : c'est dans les années 70, sans doute sous l'influence croissante de l'ingénierie de la formation, que le concept de dispositif surgit dans le domaine des sciences de l'éducation. "Il se constitue ainsi d'un ensemble de moyens mis au service d'une stratégie, d'une action finalisée, planifiée visant à l'obtention d'un résultat". (Peraya, 1999)

Il est aujourd'hui une instance, un lieu social d'interaction et de coopération possédant ses intentions, son fonctionnement matériel et symbolique, ses modes d'interaction propres.
L'évolution du concept de médiatisation, de par l'idée de médium (documents imprimés ou électroniques, d'images et de textes, d'illustrations, etc., donc de représentations matérielles) et l'idée du développement de la formation à distance ayant recours aux différents médias indispensables, a largement contribué à la modélisation et à la diffusion du dispositif de communication et de formation médiatisées.


3.5 L’évolution des différents dispositifs technologiques

D'un point de vue historique, l'évolution des médias témoigne de l'évolution en parallèle de la formation à distance, et des différents dispositifs technologiques qu’elle a utilisés.

Selon Nipper (1989) il existe trois grandes étapes chronologiques :

1. L’imprimé qui marque le début de la formation à distance, et constitue la base des cours par correspondance. L’imprimé est le principal vecteur d’enseignement et de tutorat.
2. L’ère du multimédia dès les années 60, caractérisée par un usage de différents médias (imprimé, radio, télévision, vidéo) complémentaires et coordonnés en vue d’un objectif pédagogique commun.
3. La naissance de la micro-informatique et de la télématique dans les années 80, où commence l’époque contemporaine, celle d’Internet et du multimédia multi-utilisateur.

D'après Taylor et Swannel (1997), la dernière étape de la classification de Nipper peut se décomposer en deux parties :

1. Le télé-enseignement (Télélearning), qui se base essentiellement sur les technologies de la téléprésence, l’audio et la vidéoconférence, la télévision broadcast (communication réseau), la radio et l’audio téléconférence.

2. Le multimédia interactif (Flexible Learning Model) dont la différence essentielle réside dans le type de technologies utilisées. Il s'agit ainsi de la communication médiatisée par ordinateur (CMO) et des cours basés sur un accès aux ressources d’Internet.

D’un point de vue strictement pédagogique, la formation à distance prend progressivement conscience de l’importance de l’encadrement et du tutorat dans ses dispositifs, car plus le sentiment d’éloignement et d’isolement est grand, plus l’apprenant doit être soutenu et entouré. Elle s'adapte aussi de plus en plus aux contextes professionnel, personnel et familial des apprenants, imposant plus de flexibilité et d’ouverture dans l’accès aux formations.

3.6 Le cas des campus virtuels

Née en Angleterre au siècle dernier sous l’action conjuguée du timbre-poste et du papier de bon rapport prix/qualité, la formation à distance semble aujourd'hui s'imposer au sein des campus virtuels, grâce aux technologies de l’information et de la communication – proposant une alternance de séquences présentielles et à distance, et répondant en autre à ces demandes de flexibilité et de téléprésence.

Qu’est-ce qu’un Campus Virtuel ? C’est un espace numérique accessible via Internet dédié à une communauté d’apprentissage qui y trouvera les ressources pédagogiques synchrones et asynchrones, ainsi que de nombreuses fonctionnalités de communication, de collaboration, d’échanges, de rencontres…

Exemple : les MOOC




4. CONCLUSION

En définitive, force est de constater qu’on ne peut pas parler de médiatisation sans évoquer le terme de médiation.
Pourquoi ? Car c’est le lien entre technologie et pédagogie, la manière dont l’apprenant et le formateur interagissent en fonction des médias.
La formation à distance, en insistant sur l'importance de la relation pédagogique et du tutorat, a redonné du poids à la médiation, à l'interactivité intentionnelle et aux formes de téléprésence.

Elle rend également la médiatisation indispensable, car elle occupe le formateur qui doit s’interroger sur la manière de présenter les savoirs à l’aide des médias dont il dispose, afin de les transmettre de façon accessible et compréhensible aux apprenants.
De fait, nous pouvons dire que la médiation n’est plus seulement humaine mais technique.

Dans ce processus de médiatisation, le grand gagnant est l’apprenant car il n’est plus bloqué dans le triangle classique de la formation (enseignant-savoir-élève). Il obtient un nouvel axe d’apprentissage : le média ou le médiateur (voir triangle pédagogique en 4 pôles).
Il dispose ainsi de moyens plus variés pour compléter son apprentissage, dans un monde en perpétuelle évolution, caractérisé par une accélération des mutations technologiques.

Mais cette évolution exponentielle de la technologie et cette médiatisation garantissent-elles finalement une meilleure compréhension entre les hommes ?
Ne risque-t-on de faire une certaine confusion entre informer et communiquer ?
Sommes-nous toujours si congruents et authentiques dans nos rapports aux autres ?
Quelle place accorde-t-on aux sentiments et aux réactions, qui font la richesse de la communication et des interactions entre les hommes ?




5. REFERENCES

1.2 Le média : http://escales.enfa.fr/ressources-du-gap-esc/image-et-communication-mediatisee/mdias-mdiatisation/
1.3 Les Mass-médias : http://www.langue-fr.net/spip.php?article126
3.2 Article inédit de Daniel Peraya - Mis en ligne le 13 février 2009 : http://w3.u-grenoble3.fr/les_enjeux/2008-supplement/Peraya/
Environnements informatiques pour l'Apprentissage Humain - Geneviève Lameul 2003 : http://archiveseiah.univ-lemans.fr/EIAH2003/Pdf_annexes/Lameul.pdf
L’université et les TIC. Chronique d’une innovation annoncée - Geneviève Jacquinot-Delaunay et Fichez Élisabeth (2008) : http://rfp.revues.org/1967?lang=en



6. BIBLIOGRAPHIE

BALLE F. (1990) « Médias et sociétés », Paris, Editions Montchrestien,
BARCHECHATH, E., POUTS-LAJUS, S., (1990) « Sur l'interactivité. Postface » in CROSSLEY, K, GREEN, L., Le design des didacticiels, Paris, OTE
BELISLE C. (1999), « Pratiques médiatiques », Editions CNRS
CARDINET A. (1995), « Pratiquer la médiation en pédagogie », Éditions Dunod,
CARDINET A. (2000), « Écoles et médiations », Éditions Érès
GETTLIFFE-GRANT N. (2004). "Analyse de Médiation, médiatisation et apprentissages". Apprentissage des langues et systèmes d'information et de communication (ALSIC)
MACLUHAN M. (1977), « Pour comprendre les médias », Paris, Editions Seuil
PERAYA D., DESCHRYVER N., (2002-2005), « Cours staf17 – Concevoir un système de formation à distance », Diplôme Staf, Université de Genève, Suisse.
PERAYA D (1990), « L'enseignement à distance. Vers de nouvelles perspectives », Genève, Département de l'instruction publique
POISSON D. (2002), « Modélisation des processus de médiation-médiatisation » in Marie José Barbot ; Thierry, Lancien, Médiation, médiatisation et apprentissage, Lyon : ENS Editions.
PIAGET J. (1969), « Psychologie et pédagogie », Paris, Denoël-Gonthier
TISSERON S. (2001). « L’intimité surexposé ». Paris, Ramsay.
VYGOYSKY L.S. (1985), « Pensée et langage », Editions Messidor,

Version du : 5 novembre 2013
Équipe de rédaction : Nancy Cornollier, Malika Zebbiche, Franck Piedelievre, Guillaume Le Bris

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