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Serendipite

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Sérendipité




La sérendipité est le fait de trouver, de découvrir, d’inventer ou de créer ce qui n’était pas recherché. Cette faculté est mobilisée consciemment ou non dans différentes disciplines (la science, la technique, l’art, la politique et même la vie quotidienne).


Origine du mot

(se.ʁɑ̃.di.pi.te)


Nom féminin (anglo-américain serendipity). Dérivé de serendip. D’après le conte traditionnel persan "Les Trois Princes de Serendip" de Horace Walpole (1754) dans lequel les héros découvrent par accident et sagacité des choses qu’ils ne recherchaient pas.

Le mot sérendipité a été traduit en français en 2001: il s’agit donc d’un néologisme récent. Il n’est entré qu’en 2012 dans les principaux dictionnaires français.


Les différents types de sérendipité


Plusieurs chercheurs s’accordent sur le fait qu’il s’agit d’un concept polymorphe, c'est-à-dire qu'il peut prendre plusieurs formes. Selon Paul Thagard, il existe 3 types de sérendipité :




Le hasard occupe une place prépondérante dans les phénomènes de sérendipité (sérendipité 1), cependant, comme l’écrivait Pasteur en 1854, " Le hasard ne favorise que les esprits préparés " (sérendipité 2).
La "sérendipité 3" est rattachée à un mode de raisonnement peu connu et mal aimé, souvent appelé "raisonnement de la meilleure explication possible" : l’abduction. L’effet permet de remonter à une cause "processus d’explication d’une hypothèse explicative" (Charles Pierce). C’est par excellence le mode de raisonnement du diagnostic médical ou de l’enquête judiciaire.


Les sérendipistes : qualités, atouts et défauts


Les qualités requises pour tirer profit de la sérendipité peuvent être la curiosité, l’observation, la créativité, la persévérance, l’intuition. Les sérendipitistes sont souvent vus dans la littérature comme des observateurs, curieux, facilement distraits, intuitifs, judicieux, flexibles, ayant le sens de l'humour mais étant difficilement gérables car ils ont un esprit indépendant et un comportement imprévisible. Ils ne peuvent pas être encadrés de façon autoritaire car leur motivation est intrinsèque.
Les natifs du numérique ou encore appelés "génération Y" sont considérés comme des sérendipistes car ils possèdent ces qualités et ces atouts du fait de leur utilisation quotidienne et intense des outils de communication. Le hasard sied parfaitement à la curiosité et à la vivacité de la génération Y.


La sérendipité en formation


Dans le domaine de la formation, la sérendipité ne se manifeste pas seulement lorsque l'on trouve une solution à une question que l'on ne se posait pas initialement. Elle permet aussi d'ouvrir le champ à d'autres questions, de susciter de nouvelles interrogations. Les méthodes actives sont parmi les méthodes pédagogiques qui revendiquent l'usage de la sérendipité, c'est à dire, une construction du savoir à travers des situations de recherche dans le but de rendre l'apprenant acteur de ses apprentissages. A l'école, l'enseignement des sciences est la discipline la plus propice pour ce type d'enseignement.

L’apprenant, en procédant par approches successives, élimine progressivement les alternatives et ne conserve qu'une gamme restreinte de solutions tendant vers celle qui est optimale. Cette forme de raisonnement "imaginatif", se nomme processus d’abduction. Ce processus cognitif alterne connaissances et investigations heuristiques c’est à dire l’étrange faculté de l'esprit humain de relier, toujours relier, selon G Vico (1708).


La sérendipité en entreprise


Dans le monde de l’entreprise, on peut créer des contextes, des environnements où elle a le plus de chance de se manifester, c’est la sérendipité "institutionnalisée". L’objectif pour l’entreprise est de favoriser l’innovation, l’émergence de nouvelles idées, ceci en créant un environnement favorable à la créativité. Ce qui compte, c'est l’importance d’un climat de liberté et de confiance, la nécessité du travail en groupe et le dépassement du cloisonnement disciplinaire.

En tant que concept interdisciplinaire complexe, la sérendipité n'a pas encore livré toutes ses significations. Pourrait-on donc maîtriser la sérendipité ?
La réponse passe par le fait de changer les modes de régulation organisationnelle en quittant les régulations de moyens pour aller vers des régulations de résultats. Cependant il faut faire preuve de discernement :"c’est une question de management, mais aussi une question personnelle, car si on donne un temps de liberté à des gens qui n’ont rien à trouver, ils ne trouveront rien. C’est donc la conjonction d’un type de management plus flexible, qui donne confiance aux gens pour qu’ils puissent poursuivre ce qu’ils ont envie de faire et la capacité de celui qui se pense impliqué dans un projet d’innovation ou de recherche à prendre sa chance à un moment donné pour aller plus loin ou à côté de ce qu’on lui demandait de faire. Une certaine forme de désobéissance productive." Danièle Bourcier. Ce type de management s’adapte aisément à la génération Y.


La sérendipité et internet


La créativité n’est pas toujours le fruit du génie. Quand l’inspiration fait défaut, il faut se rabattre sur l’effort et la bonne vieille méthode de l’essai et erreur (processus d’exploration-expérimentation). Non seulement les nouvelles technologies accélèrent le processus d’essai et d’erreur, mais elles le stimulent également. En navigant d’hyperlien en hyperlien, on découvre des informations intéressantes qui favorisent les découvertes fortuites et donc la sérendipité. C’est le principe fondateur même du web. Exemple le bouton "J'ai de la chance" de Google.

Avec le maillage social, le hasard apporte plus que des connaissances, il nous fait découvrir des gens. De nombreux sites web se sont développés sur le principe de la sérendipité, par exemple Flickr ou Picasa qui proposent le partage de photos avec la possibilité de mettre des mots clés (tags). L'internaute va pouvoir ainsi se voir proposer des photos, il naviguera à l'intérieur d'un espace et pourra découvrir les photos qu'il attendait ainsi que celles qui sont associées à chaque propriétaire et se retrouver ainsi à observer et découvrir tout autre chose qu'il était venu chercher au départ.

C’est en construisant et programmant des systèmes artificiels à son image que l’homme apprend ce qu’il est, ce qu’il fait et comment il le fait. De même les technologies sous-jacentes au Web sont des outils remarquables pour favoriser la découverte fortuite de contenus. Ainsi "Pearltrees" qui propose un outil de curation avec son fonctionnement par perles avec la possibilité de les déplacer et surtout de connaître les perles voisines favorise la sérendipité. Cet outil du web sémantique, permet en plus de contextualiser la sérendipité.

Par ailleurs, la sérendipité est liée aux algorithmes de navigation des moteurs de recherche. Elle n’est donc pas totalement liée au hasard mais à une capacité inconsciente de jouer avec les algorithmes pour être surpris. Selon Miriam Meckel, directrice de l'Institute for Media and Communication Management, "la possibilité de découvrir des contenus inédits et surprenants en quelques clics aléatoires sur une souris" (…) serait "menacée par des algorithmes, chargés de décider pour nous des contenus qui vont nous intéresser ou des produits à acheter."
On retrouve ce phénomène par l’évolution des techniques marketing dans le Web 2.0. L’utilisateur n’est plus libre dans sa recherche mais guidé, dirigé avec l’apparition du ciblage comportemental.
Exemple : les recommandations de sites marchands sont avant tout du marketing industriel (reposant sur des préconisations en fonction d’un profil ou de précédentes visites).


La sérendipité et e-learning


Grâce à l’internet, la sérendipité devient donc un outil d’apprentissage et de passe temps. L’apprentissage ne consiste pas seulement à apprivoiser les connaissances des autres, mais également de faire ses propres découvertes.
Les M.O.O.C (Massive Open Online Course) sont un exemple tout à fait adapté à la sérendipité et au e-learning. C’est une réunion de participants qui échangent des savoirs et des expériences afin de construire leurs propres idées et projets. L’apprenant lambda peut donc se promener de proche en proche et partir à la découverte de l'inattendu. Construire soi-même son savoir et ses compétences en confrontant de nouvelles informations avec ses propres connaissances antérieures. C’est aussi en créer de nouvelles pour contribuer au progrès de la communauté.

On peut également identifier les concepts de "learning centres" (exemple de la bibliothèque des universités des Antilles et de la Guyane) qui sont des bibliothèques remaniées permettant aux élèves, étudiants, citoyens, … un accès à la connaissance de chez eux afin de préparer leurs travail, un partage d’informations, la consultation de livres électroniques, la proposition de lectures qui sont faites par des "humains" et non par des machines.

Les tablettes numériques (qui représentent le Mobile Learning) pour les jeunes enfants, dédiées aux apprentissages et conçues pour favoriser leur créativité, vont leur permettre de naviguer et découvrir dans un ensemble fini d’informations.


Pour aller plus loin :









Sources :


















Version du 11 novembre 2012


Équipe de rédaction : Hélène Bernizet, Herman Degila, Sevrine Guims, Christophe Viguier
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